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Les Echos du Touquet

Novembre 2010

Le Touquet-Paris-Plage


Jusqu’au 3 janvier à la galerie Emeraude
Le « Chemin » de Marine de Soos


L’exposition, actuellement proposée à la galerie Emeraude, est une “affaire de femmes” ! En premier lieu, Guylaine Fry, femme de caractère, qui a “posé ses valises au Touquet” depuis 1989 pour reprendre en 2004, après quelques péripéties, dans un ancien entrepôt, une galerie d’art contemporain, remarquable dans son agencement, marquée par le goût perfectionniste de la propriétaire pour la mise en valeur des œuvres des artistes qui lui font confiance et qui sont tous unanimes pour souligner son amour fidèle des arts et des artistes. Il ne faut pas oublier aussi le rôle d’Estelle Lebas, qui aime et qui sait parler des artistes, des œuvres et qui communique facilement son amour des belles choses, sachant les détailler, les mettre en rapport avec les personnalités des créateurs, en donnant son interprétation de leur démarche, ce qui permet aux néophytes, au-delà du choc émotionnel, de comprendre ce qui provoque leurs premières réactions !


Et puis, du 23 octobre 2010, au 3 janvier 2011, la galerie nous propose les œuvres qu’il faut absolument découvrir de Marine de Soos, sculpteur remarquable, dans sa démarche artistique, dans la symbolique des thèmes choisis et dans la technique de ses bronzes (débuts en terre ou en cire), originaux (limités à 12 pièces mais légèrement différents par leur assemblage, forcément unique).


Dans les expositions mixtes regroupant des peintures et des sculptures, les critiques ont tendance à privilégier les tableaux et il convient de remettre à sa juste place cet art majeur, à notre avis injustement délaissé : rappeler la phrase d’Olivier Delahaye, producteur, réalisateur et romancier français : “la sculpture, comme tous les arts, est une voie royale pour connaître le monde et en percer les secrets”. Encore faut-il savoir les décrypter.

Marine de Soos, nous propose son “chemin”, dans une démarche ésotérique, et beaucoup de ses œuvres évoquent “l’impassibilité fragile des civilisations traditionnelles, la suspension du temps. Son art puise ainsi aux sources de la géographie et de l’histoire. Qu’elle s’inspire des belles figures de sagesse d’Afrique et d’Indonésie, des femmes aux gestes ancestraux au port de reine, des vaches sacrées des Indes ou des caravanes de rêve, cette artiste rend palpable la réminiscence d’émotions lointaines, où abondent symbolisme et majesté”.


En résumé elle nous entraîne dans son monde et les titres choisis pour les statues sont évocateurs : Barque d’une rive à l’autre (Égypte ?) ; Femme au poisson ; Au fil des Sables (bédouin et chameau) ; Petite maison des thés (échelle de Jacob ?) ; Arbres aux enfants ; voile d’enfance et des nus de femmes, ressemblants au physique de l’artiste, élégants et élancés, en mouvement et en parfait équilibre comme toutes ses œuvres (et la créatrice ?), mais surtout cette très belle petite statue au cerf volant, l’enfant semblant rester debout grâce au fragile jouet.


Parlant également “Le livre de Ganesh”, petit personnage lisant un livre devant un éléphant, quand on sait que Ganesh, dieu indien, est le dieu qui lève les obstacles des illusions et de l’ignorance ! “Quand je sculpte, je sens physiquement ce que je fais”, l’artiste, en une phrase, nous a tout dit !

L’autre protagoniste de la démarche est Hanna Sidorowicz peintre, née en Pologne, diplômée des beaux arts de Gdansk, diplômée de l’école des Arts Décoratifs de Paris, dont le travail sur papier, le dessin minutieux étant effectué à la plume, rehaussé à la gouache, nous restitue une peinture intemporelle, un univers très “intellectualisé”, dans des thèmes architecturaux, des tableaux ronds mi chevaleresques mi scène de la passion, des bibliothèques. C’est une artiste avant tout humaine qui cherche à partager la connaissance par le biais de l’histoire et de la religion, une “philosophie picturale” en quelque sorte !


Didier MESSIAEN

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