Le Courrier Vendéen
Juillet 2010

Du 1er au 14 août à la Maison des quais à l’île d’Yeu
Les sculptures de Marine de Soos, la grâce à l’état brut
Elle revient régulièrement passer ses vacances à l’île d’Yeu. Mais du 1er au 14 août, la Parisienne Marine de Soos, sculpteur professionnel, y exposera aussi pour la première fois ses bronzes. Ne loupez pas cette belle rencontre à la Maison des Quais.
Élégantes. Raffinées. Fragiles et fortes à la fois. En équilibre. Les créatures façonnées par Marine de Soos sont à son image. Sculpteur professionnel depuis vingt ans (1) à Paris où elle a installé son atelier, Marine de Soos exposera pour la première fois en Vendée, du 1er au 14 août, sur l’île d’Yeu. Une île qui l’a séduite par « sa spontanéité de vie » et où elle aime revenir régulièrement passer ses vacances en famille. L’île d’Yeu, c’est « un retour aux sources, à la force des éléments ». Là, elle laisse ses seaux de terre pour « être dans la contemplation, admirer la mer quand elle se déchaîne ». Elle retrouve un peu de « cette relation de l’homme avec les forces de la nature » qu’elle a pu ressentir quand, enfant, elle vivait sur le continent africain. « Je me ressource » et c’est de là qu’elle puise ensuite son énergie quand elle se met à travailler la terre, isolée dans son atelier parisien.
Un instant de grâce
Pour sa première exposition sur l’île, elle a sélectionné une vingtaine de pièces de taille moyenne en rapport avec l’eau : un homme portant des poissons, des pêcheurs birmans sur des échasses, des enfants jouant avec un cerf-volant… Toujours en mouvement, parvenus « presque au point de rupture », comme « un instant de grâce saisi par l’œil d’un photographe ». Là où « il y a de la légèreté, mais c’est une recherche inconsciente », qui ne peut s’exprimer qu’à travers le bronze, qu’elle a appris à travailler aux côtés du sculpteur Jonathan Hirschfeld, notamment. « C’est un travail très fin, qui permet de réaliser des assemblages avec des pièces fondues en bijouterie, ce qu’il serait impossible de faire avec de la terre cuite ou la résine ».
« Partager une émotion avec le public »
Marine de Soos travaille la terre sur armatures, puis elle utilise des moules, de la cire. Contrairement à ce que peut imaginer parfois le public, « le bronze ne se martèle pas, on le coule en fusion dans un moule. À chaque pièce, c’est une nouvelle aventure. Ce n’est pas simple mais le bronze me permet d’investir des champs de création qui me seraient inaccessibles autrement ». Et en même temps, « le bronze, c’est quelque chose de très sensuel. Il réfléchit la lumière d’une certaine manière. Parfois, la patine lui donne des reflets plus terreux ».
Qu’elle travaille d’après des photos ou des souvenirs, elle cherche à « retranscrire la beauté de la vie. Quelque chose m’émeut et m’inspire dans ma création. Je ne suis qu’un médium ».
À chaque fois, c’est « une émotion que l’on ressent et que l’on partage avec le public ». Public qu’elle viendra rencontrer sur l’île d’Yeu puisqu’elle sera présente pendant toute la durée de l’exposition, à l’image de son atelier parisien, où elle a pris l’habitude d’organiser des portes ouvertes. Même si, dans ces moments-là, « on se sent vulnérable en tant qu’artiste. On est très pudique par rapport à son travail mais faire partager ses émotions, ça nous nourrit aussi ».
Une première rencontre sur les terres vendéennes qui en appelleront peut-être d’autres pour cette artiste qui, il y a vingt ans, a lâché son école de commerce après avoir ressenti le contact de la terre entre ses doigts : ce fut « une révélation ».
Magali Dupont
Utile — Du 1er au 14 août, à la Maison des Quais, 11 rue des Quais, Port Joinville. Ouvert tous les jours de 10 h à 13 h et de 17 h à 20 h.
(1) : Marine de Soos a exposé dans le cadre de la Sacem, 25 ans de collection d’art contemporain, à l’ambassade de France à New Delhi en Inde, dans des galeries à Paris, Toulouse, Lille. Des sculptures ont été acquises par la collection d’art contemporain de la Sacem et par l’Oréal. Elle expose aussi en permanence dans des galeries à Paris et Londres.

